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Carcinome Hépatocellulaire

Le carcinome hépatocellulaire (CHC), forme la plus fréquente du cancer du foie (85-90%), constitue la troisième cause de décès par cancer dans le monde et représente une cause majeure de mortalité chez les patients atteints de cirrhose. Historiquement associé à un pronostic défavorable, les taux de survie se sont considérablement améliorés grâce aux progrès récents de la chirurgie ainsi que les traitements loco-régionaux et systémiques. Un traitement curatif est désormais disponible pour les cancers diagnostiqués à un stade précoce ; le diagnostic précoce est donc crucial afin d’améliorer la survie des patients atteints de CHC.

Chaque année, environ 1 million de nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués dans le monde, avec une projection atteignant 1,5 millions de cas par an en 2050. L’incidence est estimée à environ 8 cas pour 100 000.

Le CHC se développe dans un contexte de lésions hépatiques chroniques, généralement après plusieurs décennies d’inflammation, de mort cellulaire et de fibrose hépatique. Les principaux facteurs de risque sont les infections chroniques par les virus de l’hépatite B (VHB) et C (VHC), la consommation excessive d’alcool et l’exposition à l’aflatoxine B1 (hépatotoxine). Plus récemment, la stéatose hépatique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASH, anciennement NASH), liée à l’obésité et au diabète, est devenue une cause en forte progression, notamment dans les pays occidentaux.

La prévention du développement du CHC repose sur la vaccination universelle contre le VHB et sur les traitements antiviraux dirigés contre les hépatites B et C. Une surveillance semestrielle par échographie et dosage sanguin de l’alpha-fœtoprotéine (AFP) est recommandée chez les patients à haut risque, en particulier ceux atteints de cirrhose, car elle permet une détection plus précoce des tumeurs et améliore l’efficacité des traitements curatifs. Néanmoins, moins de 50% de la population cible bénéficient de ces programmes de surveillance.

Actuellement, seuls 30% des patients atteints d’un CHC peuvent être guéris, et le taux de survie à 5 ans reste inférieur à 30%. Les progrès réalisés dans les techniques chirurgicales et les traitements loco-régionaux ont permis d’améliorer les résultats aux stades précoce et intermédiaire avec une survie médiane dépassant respectivement 60 et environ 30 mois. Les traitements systématiques ont profondément transformé la prise en charge du CHC au cours des 25 dernières années. Le sorafénib, inhibiteur multityrosine kinase ciblant le récepteur du facteur de croissance endothélial et le récepteur du facteur de croissance dérivé des plaquettes, a été le premier traitement systémique à démontrer un bénéfice sur la survie dans les formes avancées. D’autres molécules, telles que le régorafénib, le cabozantinib et le ramucirumab, ont montré leur efficacité en seconde ligne après progression sous sorafénib. Plus récemment, les immunothérapies ont révolutionné la prise en charge des formes avancée. Les associations d’inhibiteurs de “checkpoint“ avec des anti-angiogéniques (comme atézolizubimab plus bévacilumab),ainsi que les combinaisons d’inhibiteurs de checkpoints, ont permis d’améliorer significativement la survie globale et la qualité de vie, avec des taux de survie à 4 ans d’environ 25%.